Des nouvelles de la lionne

Je sais, j’ai pas donné beaucoup de nouvelles ces derniers temps. J’avais la tête ailleurs, en quelque sorte. Comme toi, je me suis demandé à quoi ressemblerait cette saison de moto, puis j’ai fait avec. La vie a le don de t’organiser et de foutre en l’air tes plans, même les mieux préparés.

Je suis allée en Gaspésie, comme plusieurs motocyclistes québécois, mais c’était du déjà-vu. Même quand c’est vraiment très beau, du déjà-vu c’est encore du déjà-vu. Et puis ça ressemblait en rien à ce que j’avais prévu pour 2020.

J’ai vendu ma maison au printemps, vois-tu, me suis défaite de plusieurs trucs qui ne me serviraient plus, avec l’intention de rouler jusqu’à plus soif en direction de la Floride, puis traverser la Louisiane et la Nouvelle-Orléans – ces états-là manquent à ma liste -, longer la frontière mexicaine (peut-être la traverser, qui sait), et remonter la Californie, mon objectif final. Après, aucune idée: j’allais voir ce qui s’offrait. Y refaire ma vie? Ben pourquoi pas! Et puis y a eu cette foutue pandémie qui a envoyé balader mes projets – et ceux de ben du monde, je sais bien que je suis pas la seule! Et j’ai enfin dû me rendre à l’évidence et m’installer dans un appartement « en attendant ». En attendant que les choses se tassent.

Puis y a eu mon corps – en même temps qu’un médecin et toute une équipe de spécialistes – qui m’ont rappelé que la vie, c’est court et fragile, et que je dois la vivre d’une autre manière dorénavant. Plus calmement mettons. Vois-tu, y a un truc qui s’est installé dans mon cerveau, y a quelque temps je suppose. Ils se penchent en ce moment sur mon cas pour comprendre. Parce que moi j’y comprends toujours rien, mais ça c’est une autre histoire. Et cette chose, je l’ai appelée Roxy. Je t’en reparlerai un jour, peut-être.

Me calmer? Plus facile à dire qu’à faire! Ça fait que j’ai plutôt fait l’acquisition d’une petite fourgonnette que je m’affaire à rendre habitable et peut-être même girly – ça va occuper mon automne et mon hiver – et avec laquelle je traînerai ma moto. Dès que je pourrai repartir. Je sais pas où – vers le sud ou vers l’ouest, ou là où je pourrai aller, cibole! Juste partir, ça va faire mon affaire. Parce qu’en attendant, la lionne se sent… eh bien comme une lionne en cage! Quand on a la liberté gravée profondément dans la tête et dans le coeur, avoir des limites de territoire à parcourir, c’est invivable. Mais ça, tu le sais sûrement…

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